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Cinquantièmes hurlants / Diamants du Canada
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Freyja
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« Si vous avez lu les livres suivants, cela m'intéresse d'avoir vos réactions. (Cela permet à un auteur de s'améliorer au fil du temps).

Le Piège des Cinquantièmes hurlants
Les Seigneurs rebelles
Le Chemin des Glaces
Les Diamants du Canada
»



J'ai lu un des livres suivants, Le Piège des Cinquantièmes hurlants. Je ne sais si ma réaction vous intéresse et si vous la lirez – ce fuseau me paraissant un peu déserté depuis un moment... Bigre ! depuis presque deux ans ! En tout cas, la voici :

1) Pourquoi j'ai acheté ce bouquin :

.D'abord à cause de la collection. Défi m'a fourni six bouquins que j'ai beaucoup aimés : Ondine 1, 2 et 3, Le Saphir étoilé, Des Blasons pour le Hérisson et Une chambre vide... J'ai trouvé Le Renard de Combes et Le Choix pas mal. En revanche, j'ai trouvé Le Testament des cœurs fidèles et L'Île d'Arthur archi-nuls. En résumé, la qualité des six premiers m'a décidée.
.Ensuite à cause des dessins. J'aime tout ce que fait Marion Raynaud de Prigny. C'est d'ailleurs à mes yeux la seule bonne illustratrice de la collection Défi.
.Enfin à cause de l'auteur et de ce que j'ai pu lire de lui sur le forum.

Le résumé n'a pas été l'élément décisif, il a à peine fait pencher la balance en faveur de l'achat du livre.

2) Ce que j'en ai pensé :

C'est un bon bouquin, qui se lit vite et bien et procure assez de plaisir pour ne pas s'ennuyer lors d'un long baby-sitting. Si je devais lui mettre une note, ce serait 12/20.

.Pourquoi autant et pourquoi si peu ?

L'auteur sait écrire, il n'y a pas de doute. Il semble maîtriser parfaitement ou presque la langue française, ce qui est une première dans tous les livres que j'ai lus de la collection Défi – ah ! non, j'oubliais Bruno Saint-Hill... Des Blasons... est plutôt bien écrit aussi, et je me demande par qui...

Ce qui manque cependant dans Le Piège..., c'est quelque chose qui fasse que le récit ne soit pas le récit de base qu'on peut avoir en dictée en classe de cinquième... Quelque chose en plus que j'appellerais le style. J'ai eu l'impression de quelque chose de très scolaire, de très didactique.

De plus, la description des îles Kerguelen est aussi très didactique, comme si l'auteur nous ressortait une leçon de géographie apprise par cœur, avec tous les petits détails qu'il a glanés ça et là dans des livres et/ou sur Internet.

L'histoire en elle-même n'est pas extrêmement intéressante, et les titres des chapitres ne laissent guère place à l'imagination et à la surprise. Même si tout était un peu couru d'avance...

Il y a autre chose qui m'a légèrement beaucoup énervée tout au long de l'histoire, c'est ça :

« – Nous ne pourrons le savoir que demain, en faisant une petite reconnaissance autour de la maison. Voici ce que je suggère : demain, repos et repérage des lieux proches. Nous en profiterons pour nous organiser. Comme nous ne savons pas où nous sommes, ni à combien de kilomètres se trouve le premier lieu habité, il va falloir surveiller de très près nos réserves de nourriture. D'autant que si nous ne trouvons aucun habitant à la ronde, il faudra nous résoudre à tenter une expédition. Et dans ce cas, nous devrons laisser une réserve pour d'éventuels voyageurs dans l'embarras comme nous. Le scout est économe et prend soin du bien d'autrui. Pour cela, nous irons sur la plage pour rassembler les débris de notre dinghy et essayer d'en tirer quelque chose. Il faut que nous fabriquions des sacs à dos et une tente. Avec les couvertures qu'il y a ici, nous sommes parés pour l'aventure, déclare Maïko. »

Si rien ne vous choque dans cet extrait, tant mieux pour vous, mais moi si, et c'est ça : le « déclare Maïko » de la fin. On est obligé d'aller voir à la fin de la longue réplique pour savoir qui parle. Et c'est comme ça tout du long ! C'est la première fois que je vois ça et je peux vous dire que c'est franchement agaçant.

.Les personnages :

Alors là, dans le genre boy-scouts bien sages et propres sur eux, les personnages sont réussis. O. K., se sont des scouts ; est-ce pour cela qu'il doivent être aussi lisses et impersonnels ? J'ai rarement vu des personnages de roman avec aussi peu de personnalité. Les trois garçons et les deux filles sont quasiment interchangeables tant ils diffèrent peu les uns des autres. Seul trait de caractère observé : l'orgueil de Maïko, tellement exagéré qu'il en devient caricatural et peu convaincant. D'ailleurs, je l'aurais plutôt vu avec les cheveux longs – seul bémol aux très bonnes illustrations de M. R. de P.

Des personnages trop parfaits, donc bien pâlichons à mon goût, sans évolution personnelle, qui m'ont presque fait regretter cette peste moralisatrice d'Enora et ce puritain aux cœur et corps de glace d'Arnoult, deux des personnages les plus insupportables à mes yeux de toute la littérature.

3) Ce que j'en ai retenu :

L'auteur a bien appris sa grammaire ; l'auteur s'est parfaitement documenté sur les îles Kerguelen et nous a resservi tout ce qu'il a appris dessus ; l'auteur aime les personnages « purs et droits comme des épées ». En gros, l'auteur a réussi à pondre un livre éditable qui avait des chances de plaire à un certain public. Le livre a été édité. A-t-il plu ? À moi, moyennement – assez pour me donner quand même envie de le finir (il faut dire que je n'avais rien d'autre à faire), pas assez pour m'inciter à le relire et à acheter la suite. Car, il faut bien le dire, l'histoire manque singulièrement d'intérêt.

Vous avez demandé des réactions, voilà la mienne. Comme les tirs de fusil à lunette étaient acceptés, je pense que je pouvais me permettre cette légère critique. Mais enfin, on n'est pas toujours compris par les gens de son époque...

(Là encore, je n'ai pas fait preuve d'humilité. Mais je suis une des peu nombreuses personnes à avoir réagi, c'est toujours ça.)
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Bonjour Freya,
D'abord un grand merci pour ton commentaire. N'aie aucun souci concernant ta franchise, c'est le seul moyen pour un auteur d'évoluer, et si ma foi, il ne sait prendre les critiques... tant pis pour lui.
Afin de commenter, je t'explique le contexte de la mise au monde du manuscrit. Il te permettra de comprendre que les lecteurs se font des idées toutes faites sur la façon dont les livres naissent, et parfois se trompent.
Les premières lignes sont nées quand j'avais onze ou douze ans, et que mon regard s'était attardé sur un planisphère joliment coloré que mon père avait épinglé au mur de ma chambre (je crois que j'avais dû crayonner sur la tapisserie...). Notre famille a pas mal déménagé (une vingtaine ou une trentaine de fois, je ne sais plus), et une des façons que nous avions de retrouver nos marques rapidement était de replanter le décor de nos chambres là où nous allions (donc la carte). Te dire qu'il m'a fallu faire des recherches au sujet des Kerguelens pour écrire le manuscrit serait inapproprié, j'ai vécu dans ses îles par l'imagination pendant toute mon enfance. Précision, Internet n'existait pas, et puis, cela aurait tué le rêve. Les livres, les articles, ça oui.
Sans toujours avoir à remanier le livre, l'histoire, je n'ai cessé de la refaire dans ma tête au gré des incidents de ma propre vie. C'est ainsi qu'un auteur écrit, avec sa vie, avec ses tripes, sans calcul, sans idée d'être édité, juste pour lui-même, pour le plaisir, par un besoin vital.
C'est au cours d'un des nombreux changements d'école que je me suis lié d'amitié avec une camarade d'école internationale avec qui j'ai fait les 400 coups. Un an après, on bougeait et... alors quoi ? Alors rien, sinon qu'un grand vide s'est créé autour de moi pour de nombreuses années. Il est très difficile d'être sans cesse le "nouveau" partout où l'on va. A l'époque pas de mixité en France, l'enfer pour moi du "va jouer avec tes petits camarades" (je me faisais casser la g...). A cette époque, c'est courant.
Maïko, c'est un peu moi. Si ce personnage te parait exagéré, c'est que nos expériences sont différentes, et que mon écriture était encore bien maladroite.
Cela n'a pas fait de moi un être rancunier, car j'ai une famille soudée, bienveillante, croyante, composée de gens qui ont certes leurs défauts, mais qui veulent les dépasser. Ce sont peut-être ces personnages qui tournent autour de Maïko que tu trouves "genre boy-scouts bien sages et propres sur eux. La jeunesse de mon style d'écriture explique sans doute que tu les aies trouvés "lisses et impersonnels". Dire qu'ils manquent de personnalité me semble excessif. Moi, ce sont les bienveillants que je recherche. Toute histoire doit-elle comporter des affreux ? Pourtant, c'est vrai que mes romans suivants sont plus variés, même si j'ai toujours en horreur les anti-héros.
La grammaire. Autre tranche de vie. Après avoir été un élève botté aux fesses par ses parents pour passer de classe en classe, je suis tombé en première sur un professeur de Français qu'il faut qualifier de "révélation" dans le genre "miracle de Lourdes". Là, j'ai bossé avec un plaisir sans nom. Pas la grammaire, voyons ! le style, l'esthétique de la langue pour le plaisir qu'elle procure, et j'ai peaufiné mon manuscrit, mais jamais dans l'esprit de le faire éditer. Un rêve, c'est pour soi.
Un de mes scouts est tombé sur un de mes manuscrits de science fiction mal foutu et l'a montré à notre aumônier. L'aumônier, c'était Jean Valbert, le numéro 3 des Signes de Piste. Par enchaînement, j'ai reçu une lettre de Jean-Louis Foncine qui ne m'en disait pas que du mal (litote, il était particulièrement aimable dans sa lettre). Là, j'ai commencé à penser que je pouvais essayer d'éditer mes manuscrits... C'est encore un autre livre qui a été choisi "La Paix n'est qu'un sursis".
Plus tard, Téqui a accepté "Le piège des Cinquantièmes hurlants".
Je te cite "En gros, l'auteur a réussi à pondre un livre éditable qui avait des chances de plaire à un certain public. Le livre a été édité."
"Réussir à pondre" ! Quel plaisir aurais-je à pondre ?
J'ai eu beaucoup de chance d'avoir Marion Raynaud de Prigny pour illustratrice, ce qui explique mon petit succès... et tu vois, je continue.
Merci de tes remarques, elles m'aideront sûrement à progresser.
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Ah tiens, en lisant Freyja, je m'aperçois que moi aussi j'ai lu le piège des 50 èmes hurlants;

Ca ne m'a pas franchement marqué, sauf le cadre qui me fait souvenir du livre.Les îles Kerguelen, j'ai trouvé cela une idée fameuse, ça m'avait toujours fait rêver. Sourire

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Je n'ai pas lu tes livres.

Je ne peux te dire que bravo et bon courage pour la suite, pas pour l'écriture (pas facile, mais pas insurmontable) mais pour la publication et la vente (le plus ardu).

Auteur moi même, je peux dire qu'on est souvent déçu par l'intérêt du lectorat potentiel.

Toute critique bonne ou mauvaise est bénéfique pour l'auteur.

Attention, si tes personnages sont des scouts ne fait pas une « ressucée » des auteurs réputés, n'écris pas du sous Dalens ou du sous Foncine. Même pour une présentation, résumée en quelque lignes, toute référence historique doit être rigoureuse et dépasser ce qu'on trouve dans n'importe quelle encyclopédie, le lecteur doit découvrir une nouveauté, une anecdote méconnue*. Aujourd'hui, l'accès aux documents d'archives est plus aisé qu'autrefois. Tu peux te rendre au Service Historique de la Défense, à Vincennes, il suffit de demander une carte de lecteur à l'accueil ; aux Archives nationales et départementales, Internet, sous réserve de bien recouper les informations, etc..

Ceci, n'est qu'un exemple :
* Présentes-tu Kerguélen de Trémarec, Saint-Alloüarn (second de l'expédition) fais-tu allusion à Boisguehenneuc, à Rosily-Mesros, parles-tu de leurs navires la Fortune et le Gros Ventre ; donnes-tu les coordonnées géographique de l'archipel, des précisions sur sa faune, sa flore, son climat ?

Si tu écris les livres que tu aimerais lire, tu as compris où se trouve ton rêve. Toutefois, il est difficile de le partager avec tous. Un roman c'est comme la nourriture, il faut qu'il y ait à manger pour tout le monde et même s'il n'y a qu'un plat, certains n'en aimeront qu'une partie.

Je le répète, n'ayant pas lu ces livres, je me suis basé sur les critiques ci-dessus, mon appréciation a peu de valeur et mon propos n'est pas de démonter ton œuvre.

Pour l'anecdote, j'ai fait remarquer, à un auteur très connu, des anachronismes (c'était aussi incongru qu'une montre à quartz au poignet de Vercingétorix) dans un de ses romans historiques. Il m'a gentiment répondu que j'avais raison et qu'il en tiendrait compte.

Que tout ça ne t'empêche pas de continuer.

Amitiés sincères et fraternelles.
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Merci à tous deux, Castore et Blizzard.
Mon souci en lançant le fuseau est simplement d'échanger sur tel ou tel de mes livres, afin que je puisse juger de mon évolution en me soumettant au regard des autres.
Avec Le Piège des Cinquantièmes (tome 1 de Kerguelen), je faisais ma deuxième entrée dans la phase "édition". J'avais déjà appris une foule de choses, mais il en restait encore autant à apprendre (il en reste toujours).
Pour la documentation, à Paris, à l'époque de mes études sup, j'ai fréquenté la Bibliothèque Nationale affublé de la mention "chercheur" par une secrétaire zélée. Aujourd'hui, j'utilise Internet bien entendu, mais avec circonspection (il y a à la fois des merveilles et des erreurs), mes chères encyclopédies et les rapports directs et vécus (afin de mêler théorie et pratique, avec l'écart que l'on sait).
Mon imagination ne m'a jamais fait défaut jusqu'ici. Pour le reste, l'écriture, le style, c'est pour n'importe lequel d'entre nous une question de don et de travail, l'un aidant l'autre.
En fait, je cherche l'alchimie du rapport auteur lecteur, sans perdre mon âme à vouloir trop plaire. La discussion et l'échange me paraissent les bons canaux.
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Tu as bien raison, il ne faut pas « prostituer » ton talent.

L'aventure, le rêve ne sont pas qu'au-delà de l'horizon, souvent ils sont au fond du jardin ou le voyage est intérieur.

Oppose, La guerre des boutons, La bande des Ayacks à la saga du prince Éric et l'œuvre de Jules Verne. Si les aventures sont comparables, seuls changent les lieux et les moyens et la recette reste la même. Susciter l'intérêt, c'est provoquer l'impatience du lecteur en attendant la suite ou une autre aventure. Il faut donner l'envie de tourner la page suivante.

Passe au « gueuloir », lis pour toi à haute voix, puis à un auditoire, tu t'apercevras tout de suite si le texte te fait trébucher, puis s'il provoque agacement et baillements de ton public. Fais relire à plusieurs personnes.

Aère ton texte. Quand il s'agit de descriptif, ce n'est pas évident, on veut trop en dire pour être le plus précis possible, finalement on ne fait qu'embrouiller le lecteur. Synthétise autant que nécessaire ce peut, sans tomber dans le style télégraphiste. Mais, ce sont là des bases que tu connais.

Et puis si c'est en forgeant qu'on devient forgeron, tu peux le transposer à l'écriture.
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Lynx 2
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Merci Blizzard,
Passer au "gueuloir", l'idée est bonne.
C'est d'ailleurs amusant de constater que je le fais pour des lettres ou des discours de mariage, mais que je n'y avais pas pensé pour mes manuscrits.
C'est vrai qu'on se rend compte tout de suite si on "trébuche", selon ton expression.

Pour le descriptif, il y a une évolution qui s'est produite ces dernières années. Alors qu'avant, il était impossible d'avoir un livre sans la moindre description de paysages, il en existe aujourd'hui à foison. Changement opéré par certains auteurs sous la pression de lecteurs qui veulent de l'action et qui, au cours de leur lecture, sautent le "descriptif". C'est assez navrant, car on va vers une bougeotte incessante à la manière des blockbusters américains qui étourdissent le spectateur dans l'idée évidente de l'empêcher de réfléchir à l'absurdité de l'action.

Le rythme donné au récit des livres semble suivre la même évolution que les films. Il suffit de voir un film des années 50/60 et un film actuel. Le rythme même de la vie n'est plus le même.

Très curieux aussi de constater que cela n'ennuie plus un auteur de mettre systématiquement une conjonction de coordination en début de phrase, alors qu'elle est censée relier deux propositions (elle doit donc être précédée d'une simple virgule, sauf cas d'exceptions, bien sûr). La lecture n'a plus tout à fait la même respiration.

Exemple : Il est beau. Mais il est stupide et nous n'irons pas avec lui.
Il est beau, mais il est stupide. Et nous n'irons pas avec lui.
Il est beau, mais il est stupide, et nous n'irons pas avec lui.

La première phrase est péremptoire, très vache.
La deuxième est une constatation affligeante, suivie d'une conséquence lâche.
La dernière phrase est en principe la bonne. Elle fait la parenthèse sur le défaut, et découle sur la décision.

Donc, cela peut être un effet de style d'utiliser l'une ou l'autre des phrases. En revanche, le recours systématique aux deux premières n'est que le signe d'un appauvrissement de l'expression.
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Ta remarque, concernant la conjonction de coordination en début de phrase est pertinente, il est préférable d'y substituer : cependant, toutefois.

Le descriptif est nécessaire, à condition de ne pas tomber dans les excès de Victor Hugo et d'une manière générale des auteurs du XIXe siècle. Ils devaient bien en passer par là car il y avait peu d'images et illustrations dans les livres. Ne parlons pas de la photo encore balbutiante. L'absence de description, à part très succincte, dans les livres démontre l'habitude prise de ne plus regarder, on se contente de voir, comme d'entendre au lieu d'écouter. Regarder, c'est une perte de temps, alors comment inciter à contempler ?

Hugo savait, grâce à sa plume, décrire les lieux et restituer leurs ambiances, avec parfois le défaut de faire perdre le fil de l'intrigue.

Aujourd'hui les gens sont pressés, ils veulent être revenus avant de partir. Pour les livres c'est pareil, ils doivent être lus avant de les ouvrir.
Ch. de Gaulle disait à propos des prix littéraires : « Il faut les avoir dans sa bibliothèque, non pas pour les lire, mais pour les avoir lu. »

Appauvrissement de l'expression, mais aussi du vocabulaire et du langage. La grammaire, l'orthographe et la conjugaison sont déjà bien malmenés ! La syntaxe et la sémantique ? Veuillez rester poli ! Mort de Rire

Sans vouloir te vexer, je ne suis pas parfait non plus., ta phrase ne serait-elle pas mieux écrite ainsi : Pour le descriptif, une évolution s'est produite ces dernières années. au lieu de « Pour le descriptif, il y a une évolution qui s'est produite ces dernières années. » Tu dis la même chose en économisant quatre mots et six espaces et la phrase « coule » mieux. Ça permet de toiletter le texte, de l'alléger. Ce n'est pas facile, il faut acquérir de nouveaux réflexes.

Dans la mesure du possible dans un texte en français préfères les guillemets français « » aux anglais ? " dans ce cas n'oublies pas qu'il y en a aussi des ouvrants ? et des fermants ". Je te conseille le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, hélas défunte. Tu peux certainement le trouver chez un libraire.

L'ennui est que le logiciel du forum ne reconnaît pas tous les signes typographiques.

Tous ça, n'est pas critiques, mais échanges entre auteurs.




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Certes, le rythme des films est plus effréné aujourd'hui qu'il y a 30 ans...en général.

Mais il reste toujours des spectateurs qui se délecteront à regarder Rohmer.

J'ai bien du mal à vous suivre sur les généralités sur "le lecteur".

Il y a plusieurs sortes de lecteurs, Dieu merci, et bien des genres en littérature.

Et les gros pavés avec descriptions ont encore des beaux jours devant eux : Harry Potter, combien de pages? PD James, reine du polar, combien de pages?

Tour dépend du public visé peut être.

Mais franchement, ne sous estimez pas les lecteurs,y compris les jeunes.

Le pavé d'Enora n'a rebuté aucun de ceux à qui je l'ai offert, ni la série des "Hornblower" (plus descriptif des conditions de vie sur les voiliers du XIX ème siècle, tu meurs! Grand sourire ) Dumas et Jules Vernes font encore rêver.

Ecrire pour "la masse" est un mythe.
Trouver "son" créneau par contre, peut etre difficile Sourire
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Castore, il n'est pas dit que ces auteurs ne font plus rêver.

La spécialisation à l'instar de P. O'Brien s'adresse à un public intéressé par les aventures de marins ou par la marine à voile.

Si l'écriture tous publics existe, ça ne veut pas dire que tous les lecteurs sont enthousiastes ou inconditionnels de l'auteur.

Tu as aussi Féval, Zévaco, Sue, Malot, etc. Plus près de nous P. Benoit, Loti, Zola (qui me barbe), Kessel et tant d'autres.

Soyons objectifs, le lecteur ne lit que les livres qu'il a envie de lire, sauf s'il y est contraint pour ses études. Quand il y a contrainte, la conséquence est souvent le rejet.

Il en faut pour tous les goûts, mais tout le monde n'est pas obligé d'aimer.
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Hornblower, c'est C.S.Forester : bien plus digeste qu'O Brien

Je réagissais aux généralités que tu as écrites

Citation:
L'absence de description, à part très succincte, dans les livres démontre l'habitude prise de ne plus regarder, on se contente de voir, comme d'entendre au lieu d'écouter. Regarder, c'est une perte de temps, alors comment inciter à contempler ?
...
Aujourd'hui les gens sont pressés, ils veulent être revenus avant de partir. Pour les livres c'est pareil, ils doivent être lus avant de les ouvrir.


Heureuse de voir que l'écrit a dépassé ta pensée!

Donc oui, il en faut pour tous les goûts et il y a encore suffisamment de maisons d'édition pour que chacun trouve chaussure à son pied en se donnant la peine de chercher. Sourire
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Erratum, j'ai écris O'brien au lieu d'O'Brian.

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J'apprécie votre réponse, Lynx 2. Mais je ne suis qu'en partie d'accord avec votre histoire de conjonctions de coordination. Les meilleurs écrivains mettent des « mais » et des « et » en début de phrase et, s'ils le font, c'est bien parce que c'est le mot qui convient alors le mieux. Cependant, toutefois, néanmoins, c'est très bien, mais ça ne peut pas toujours traduire un « mais ». C'est là qu'on voit la différence entre un auteur et un écrivain. L'écrivain n'est pas forcément celui qui observe strictement les règles de la langue mais bien celui qui, à partir de ces règles, crée quelque chose d'original, de neuf, de véritablement littéraire. Mettre un « et » ou un « mais » en début de phrase n'est, à mon sens, pas enfreindre la règle. E. Brontë, Rimbaud, Tolkien, et ce ne sont que des exemples, n'auraient pas été E. Brontë, Rimbaud, Tolkien s'ils s'étaient acagnardés dans la plus stricte observance des règles de leur langue.

C'est justement ce que je regrette dans votre livre : le style ne décolle pas parce que vous vous en tenez aux règles les plus strictes et pas forcément les plus pertinentes. C'est un style très scolaire, du genre de ce que j'écrivais en quatrième pour faire plaisir à la prof de français. Et c'était ma foi très pauvre... Pas de bondissements, ni de rebondissements, pas d'éclairs, pas d'éclats dans Le Piège... ! Je crois que c'est ce qui m'a le plus manqué, avec le manque de personnalité flagrant de vos personnages.

Des personnages bienveillants, c'est bien gentil, mais moi je n'en veux pas, de ces personnages bienveillants, gentillets, trop pâles. Des héros, c'est bien, mais des personnages qui se conduisent héroïquement, c'est mieux ! Enfin, ça, c'est mon avis... Mais l'ayant fait lire autour de moi pour avoir les avis d'autres personnes avant de poster ma critique sur le forum, je n'ai eu droit qu'à des réactions identiques aux miennes, à savoir : « c'est ennuyeux, j'ai failli m'endormir », « le style n'est franchement pas enthousiasmant », « les personnages ? J'ai dû écrire leur description physique sur une feuille pour me rappeler qui parlait à chaque fois »...

Cependant, je vous félicite d'avoir réussi à faire éditer votre livre, car je crois savoir que ce n'est pas une mince affaire... D'un autre côté, je pense qu'il avait le parfait profil pour être édité chez Téqui.

[ Ce message a été modifié par Freyja le 25-10-2011 à 19:14 ]
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